Le Var connaît régulièrement des épisodes de pluies intenses, surtout en automne, et plusieurs de ses fleuves côtiers débordent de façon spectaculaire. Autour d’Hyères, le Gapeau et le Roubaud traversent des plaines où l’on trouve habitations, serres et terres agricoles. Peut-on construire en zone inondable ? Parfois oui, parfois non, et toujours sous conditions. Cet article fait le point sur la réglementation, les vérifications indispensables et les principes de conception d’une maison exposée au risque d’inondation.
Savoir si son terrain est en zone inondable
Avant tout projet, il faut identifier précisément le niveau de risque de la parcelle. Plusieurs sources complémentaires existent :
- Le plan de prévention des risques d’inondation (PPRI), lorsque la commune en est dotée. Il comprend une carte de zonage et un règlement qui s’imposent aux autorisations d’urbanisme.
- Le plan local d’urbanisme, qui intègre ou reporte les zones de risque et peut ajouter ses propres prescriptions.
- Le site national Géorisques, qui permet de consulter les risques connus à une adresse donnée.
- L’état des risques annexé aux actes de vente et aux baux, que le vendeur doit fournir à l’acquéreur.
Le service urbanisme de la mairie reste l’interlocuteur de référence : il indique quel document s’applique, dans quelle version, et comment l’interpréter pour votre parcelle. Un certificat d’urbanisme permet d’obtenir une réponse écrite avant d’acheter un terrain.
Comprendre le zonage d’un PPRI
Chaque PPRI a son propre règlement, mais la logique est souvent la même. On distingue en général :
- Des zones d’aléa fort, souvent représentées en rouge, où le principe est l’interdiction des constructions nouvelles, avec des exceptions très encadrées pour l’existant.
- Des zones d’aléa modéré, souvent en bleu, où la construction est possible sous conditions : plancher au-dessus d’un niveau de référence, emprise limitée, interdiction des sous-sols, matériaux adaptés.
- Des zones réservées à l’expansion des crues, à préserver de toute urbanisation pour laisser l’eau s’étaler.
Les couleurs, les intitulés et les règles varient d’un plan à l’autre : il ne faut jamais transposer ce qui vaut dans une commune à une autre. Seul le règlement applicable à votre parcelle fait foi.
La cote de référence
Notion centrale : la cote de référence correspond au niveau que l’eau est susceptible d’atteindre lors de la crue prise en compte par le plan. Le règlement impose généralement que le plancher habitable soit situé au-dessus de cette cote, parfois avec une marge de sécurité. Un relevé topographique par un géomètre permet de connaître l’altitude du terrain naturel et d’en déduire la hauteur à donner au plancher.
Concevoir une maison adaptée au risque
Lorsque la construction est autorisée, la conception doit viser deux objectifs : mettre les occupants et les biens hors d’eau, et ne pas aggraver l’écoulement de la crue pour les voisins.
Surélever le plancher
Plusieurs solutions permettent de placer le plancher habitable au-dessus de la cote de référence : un vide sanitaire, un soubassement maçonné plus haut que d’ordinaire, voire une construction sur pilotis ou sur un niveau ouvert. Le remblaiement massif du terrain est souvent restreint, car il réduit le volume disponible pour l’eau et reporte le problème sur les parcelles voisines.
Des fondations pensées pour l’eau
Dans les plaines alluviales, les sols sont souvent argileux ou limoneux, sensibles aux variations d’humidité et parfois peu portants. Une étude de sol est vivement recommandée pour dimensionner les fondations : semelles ancrées plus profondément, radier, voire fondations spéciales selon les résultats. Les maçonneries de soubassement doivent résister à l’immersion et à la pression de l’eau, avec une arase étanche et un drainage cohérent.
Des matériaux peu sensibles à l’eau
Pour les parties susceptibles d’être mouillées, on privilégie les matériaux qui supportent l’immersion puis sèchent sans se dégrader : béton, blocs maçonnés, enduits hydrauliques, revêtements de sol durs. À l’inverse, plaques de plâtre, isolants fibreux et parquets sont à éviter en partie basse. Une dalle béton bien exécutée sur vide sanitaire offre un plancher robuste et sain.

Les réseaux et équipements
Le tableau électrique, la chaudière ou la pompe à chaleur, le ballon d’eau chaude et les prises doivent être placés au-dessus du niveau d’eau possible. Des clapets anti-retour sur les évacuations limitent les remontées d’eaux usées. Pour les terrasses et abords, des solutions ajourées comme les dalles sur plots laissent l’eau circuler et facilitent le passage des gaines.
Les aménagements extérieurs aussi sont concernés
Le règlement d’un PPRI ne vise pas que la maison. Les clôtures pleines, qui font barrage à l’eau et aux débris, sont souvent interdites ou limitées au profit de clôtures dites transparentes, qui laissent passer le flux. Avant de faire construire un mur de clôture maçonné, vérifiez ce qu’autorise votre zone. Il en va de même pour les piscines, dont le bassin doit parfois être balisé pour rester repérable quand l’eau recouvre le terrain, les remblais, les murets et les stockages extérieurs.
Les démarches et les bons interlocuteurs
Un projet en zone inondable demande davantage de préparation qu’un projet classique :
- obtenir le règlement à jour du PPRI et du PLU auprès de la mairie ;
- faire réaliser un relevé topographique rattaché au nivellement officiel ;
- commander une étude de sol adaptée au contexte alluvial ;
- faire concevoir le projet par un architecte ou un maître d’œuvre familier de ces contraintes, obligatoire au-delà de certains seuils de surface ;
- joindre au dossier d’autorisation les attestations ou plans de niveau que le règlement exige.
Côté exécution, le maçon doit respecter scrupuleusement les altitudes du plancher définies par le projet. Une erreur de quelques centimètres peut rendre la construction non conforme. C’est pourquoi l’implantation et le contrôle des niveaux sont des étapes clés d’une construction de maison individuelle dans ce contexte.
En résumé
Construire en zone inondable dans le Var est parfois interdit, souvent possible sous conditions, et jamais improvisable. Il faut d’abord connaître le zonage exact de sa parcelle via le PPRI, le PLU et la mairie, puis concevoir une maison dont le plancher dépasse la cote de référence, fondée sur une étude de sol, construite avec des matériaux qui supportent l’eau et entourée d’aménagements qui ne font pas obstacle à la crue. Vous avez un terrain en plaine autour d’Hyères et vous vous interrogez sur sa constructibilité ? Contactez-nous : nous pouvons en parler et vous orienter vers les bons interlocuteurs.



