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Rénovation · 20 septembre 2026

Remontées capillaires dans une maison ancienne : diagnostic et solutions

Salpêtre, peintures qui cloquent, odeur de cave : avant de traiter l’humidité d’un mur ancien, encore faut-il en identifier la vraie cause.

Une bande humide au bas des murs, des plinthes qui gonflent, une peinture qui cloque et des cristaux blancs qui poudrent le sol : dans une maison ancienne, ces signes font immédiatement penser aux remontées capillaires. Le phénomène est réel et fréquent dans les bâtisses en pierre, mais il est aussi souvent confondu avec d’autres sources d’humidité, ce qui conduit à des traitements coûteux et inefficaces. Autour d’Hyères, entre la plaine du Gapeau, les secteurs bas proches des Salins et les maisons de village de la vieille ville, la question se pose régulièrement. Voici comment reconnaître des remontées capillaires, poser un diagnostic fiable et choisir les solutions adaptées.

Qu’est-ce qu’une remontée capillaire ?

Les matériaux de maçonnerie traditionnels (pierre, brique, mortier de chaux ou de terre) sont poreux : ils contiennent une multitude de fins canaux dans lesquels l’eau peut monter par capillarité, exactement comme dans un morceau de sucre posé dans un fond de café. Lorsque le pied d’un mur est en contact avec un sol humide, l’eau remonte dans la maçonnerie jusqu’à une hauteur où l’évaporation compense l’apport.

Les constructions modernes intègrent une coupure de capillarité, l’arase étanche, entre les fondations et les murs. Les maisons anciennes en sont généralement dépourvues : pendant des siècles, elles ont vivoté avec cette humidité, parce que leurs murs pouvaient la laisser s’évaporer librement. Le problème survient le plus souvent quand cet équilibre est rompu.

Pourquoi le phénomène s’aggrave

Plusieurs interventions récentes aggravent les remontées capillaires en bloquant l’évaporation ou en augmentant l’apport d’eau :

  • un enduit ciment ou une peinture étanche sur la façade ou à l’intérieur ;
  • un sol intérieur refait en dalle béton sur film étanche, qui repousse l’humidité du sol vers les murs ;
  • une terrasse, un trottoir ou un enrobé collé contre la façade, qui empêche le sol de sécher au pied du mur ;
  • des gouttières défectueuses qui déversent l’eau de toiture au pied des murs ;
  • un terrain naturellement humide ou une nappe proche, comme dans certaines zones basses de la plaine hyéroise.

Reconnaître les signes

Les remontées capillaires présentent des symptômes assez caractéristiques :

  • une zone humide partant du sol, avec une limite supérieure plus ou moins horizontale, souvent dans la partie basse du mur ;
  • des sels blancs (salpêtre, efflorescences) concentrés à la frontière entre zone humide et zone sèche ;
  • des enduits et peintures qui cloquent, farinent ou tombent en bas de mur ;
  • des plinthes et des boiseries qui pourrissent ;
  • une odeur de moisi persistante et une sensation de froid dans les pièces du rez-de-chaussée ;
  • des symptômes présents sur les murs intérieurs comme extérieurs, qui varient peu avec la météo du jour.
Salle de bain avant rénovation

Ne pas confondre avec d’autres causes d’humidité

C’est le point le plus important : de nombreux murs humides ne souffrent pas de remontées capillaires. Un bon diagnostic écarte d’abord les autres causes.

  • La condensation : l’air intérieur trop humide se condense sur les parois froides, surtout en hiver, dans les angles, derrière les meubles, dans les salles de bains mal ventilées. Les traces sont souvent noires (moisissures) et apparaissent aussi en haut des murs.
  • Les infiltrations latérales : un mur enterré ou adossé à un talus reçoit l’eau du terrain. L’humidité s’aggrave après les pluies d’automne.
  • Les infiltrations par la façade : fissures, joints dégradés, appuis de fenêtre mal réalisés laissent entrer la pluie battante poussée par le vent d’est.
  • Les fuites : une canalisation encastrée ou une évacuation qui fuit produit une tache localisée, qui s’étend avec le temps. Dans ce cas, une remise en état après dégât des eaux suit la réparation de la fuite.

Souvent, plusieurs causes se combinent. Le diagnostic s’appuie sur l’observation de la forme et de la hauteur des taches, leur évolution selon les saisons, l’état des abords extérieurs et des mesures d’humidité. Les humidimètres de surface donnent une indication, mais peuvent être trompés par les sels ; des mesures dans l’épaisseur du mur ou des prélèvements sont plus fiables. Méfiez-vous des diagnostics gratuits qui concluent systématiquement à la nécessité d’un traitement unique.

Les solutions, de la plus simple à la plus lourde

Supprimer ce qui empêche le mur de sécher

C’est la première étape, et parfois la seule nécessaire. Retirer un enduit ciment ou une peinture étanche, les remplacer par un enduit à la chaux perméable à la vapeur, dégager la terre ou le revêtement collé contre la façade, réparer les gouttières et éloigner les eaux pluviales : ces mesures rétablissent l’évaporation naturelle. Notre page consacrée à l’enduit de façade explique l’intérêt des enduits respirants sur le bâti ancien, tout comme un rejointoiement de pierre à la chaux pour les murs laissés apparents.

Assainir les abords

Un drainage périphérique, un caniveau ou un simple revêtement drainant en pied de façade, avec une pente qui éloigne l’eau du mur, réduisent l’apport d’humidité. Ces travaux doivent être conçus pour ne pas déchausser des fondations anciennes peu profondes.

Créer une barrière contre la remontée

Lorsque les remontées restent importantes, on peut créer une coupure de capillarité dans le mur. La méthode la plus répandue est l’injection d’un produit hydrofuge dans une série de trous percés en pied de mur, qui forme une barrière chimique. La coupure mécanique, qui consiste à scier le mur par tronçons pour y insérer une membrane étanche, est plus lourde et réservée à certains murs homogènes. D’autres procédés existent, dont l’efficacité fait davantage débat : il est prudent de demander des explications précises et de se faire conseiller par un professionnel indépendant.

Traiter les sels et ventiler

Même une fois la remontée stoppée, le mur mettra du temps à sécher et les sels accumulés continueront de migrer. Des enduits d’assainissement ou des enduits à la chaux sacrificiels, renouvelés si besoin, absorbent ces sels. Une ventilation efficace des pièces complète le dispositif.

Ce qui fait varier l’ampleur des travaux

Le coût et la durée dépendent de l’épaisseur et de la nature des murs (pierre hétérogène, brique, remplissages), du linéaire concerné, de l’état des enduits à déposer, de l’accès aux abords extérieurs et de la présence ou non d’une nappe proche. Ils se préparent idéalement dans le cadre plus large d’une rénovation de maison ancienne, afin de traiter l’humidité avant de refaire sols, doublages et peintures.

En résumé

Les remontées capillaires touchent de nombreuses maisons anciennes dépourvues d’arase étanche, et s’aggravent lorsque les murs ne peuvent plus sécher. Avant tout traitement, il faut écarter la condensation, les infiltrations et les fuites, qui produisent des symptômes proches. Les solutions commencent par le bon sens (enduits respirants, abords dégagés, eaux pluviales maîtrisées) et peuvent aller jusqu’à une barrière par injection ou une coupure mécanique. Vous constatez de l’humidité en bas de vos murs à Hyères ou alentour ? Contactez-nous pour en parler et étudier votre situation.

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